Economie
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1. GÉNÉRALITÉS ET CONTEXTE DES POLITIQUES ÉCONOMIQUES
1. 1 Brève carte de visite
La République Démocratique du Congo (RDC) est le troisième pays d’Afrique en termes de superficie, et le quatrième en termes de population. Elle est dotée d’abondantes ressources humaines et naturelles, parmi lesquelles, une forêt tropicale qui est la deuxième mondiale par sa superficie, des sols fertiles, des pluies abondantes et de nombreuses ressources minérales. Elle possède une flore et une faune exceptionnellement riches.
La République Démocratique du Congo recouvre, entre autres, 10% des réserves mondiales de Cuivre, 30 % de diamant, 50% de Cobalt, et 70% du Coltan.
1.2 Contexte des politiques économiques
Les politiques économiques mises en place en RDC obéissent d’une part à des objectifs de long, moyen et court termes, et, d'autre part, à des facteurs exogènes qui définissent le cadre général de ces politiques.
A l’horizon moyen et long terme, nous avons :
Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
La Stratégie pour la croissance et de réduction de la pauvreté (SCRP).
Les 5 chantiers du Chef de l’Etat.
A court terme :
Le point d’achèvement de l’initiative PPTE.
La gestion des effets de la crise économico financière internationale (facteur exogène).
Des facteurs exogènes supplémentaires :
La situation d'État post-conflit de la RDC
La poursuite de la pacification de l’Est de la République.
2. EVOLUTION POLITIQUE
A ce jour, le gouvernement de la République Démocratique du Congo assisté, des partenaires extérieurs a pratiquement rétabli la paix sur toute l'étendue du pays. La stabilité politique est aujourd’hui un fait. Les premières élections libres et démocratiques ont abouti à la mise en place des institutions de 3ème République.
Sur le plan national, l'élection présidentielle a permis la désignation d’un Président élu au suffrage universel pour 5 ans. L'élection législative a conduit au renouvellement de l’Assemblée Nationale et du Sénat. Sur le plan provincial, les élections ont mené à l’établissement des Assemblées provinciales et des Exécutifs provinciaux. Pour achever ce cheminement démocratique, il est également prévu l’organisation des élections locales et municipales dans les plus brefs délais.
Avec le rétablissement progressif de la paix et la mise en place d’institutions démocratiquement élues, la RDC dispose aujourd’hui d’une solide opportunité pour réduire la pauvreté et promouvoir une croissance durable, équitablement répartie et favorable aux pauvres.
3. EVOLUTION ECONOMIQUE
3.1 Evolution conjoncturelle
Contexte international
La crise financière internationale qui a mué en crise économique a affecté la croissance mondiale, et par conséquent, la demande pour les exportations des matières premières de la RDC. La faiblesse de la demande s'est accompagnée d'une chute des cours; ce qui a débouché sur la baisse de l'activité dans le secteur des mines, du bois et autres produits primaires. Les effets d’entraînement se sont propagés à toute l’économie congolaise.
Croissance et activité économique trimestrielle
La conséquence directe de la crise internationale sur l'économie de la RDC a été la révision à la baisse du taux de croissance économique pour 2009, celui-ci passant de 2,7% à 1,6%; ce qui signifie un recul de 1,4% du revenu réel par tête si on considère une croissance démographique annuelle de 3%.
Quant à l'activité économique, observable sur base de l'indice trimestriel d'activité, elle a reculé aux deux premiers trimestres de 2009, consécutivement de 4,6% et 1,3% dans le prolongement de la récession débutée depuis le deuxième semestre 2008. La dégradation est donc plus faible au deuxième trimestre, en écho à la reprise timide de la demande internationale et à l'amélioration de l'environnement interne coïncidant avec la pacification progressive de l'Est du pays.
Sur le plan de la production minière, à l'exception du zinc et du pétrole, tous les autres produits ont connu des baisses alors la production manufacturière, la construction, l'énergie et les autres secteurs ont connu une augmentation au cours du deuxième semestre; ce qui confirme bien que la baisse de l'activité économique est essentiellement due aux chocs externes.
Inflation
Jusqu'à fin avril 2009, l'inflation est restée élevée en RDC au point d'atteindre en projection annuelle le taux de 110,82% contre un objectif de 31,2%. C'est la rapide dépréciation du franc congolais par rapport au dollar américain qui explique cette situation. Après un recul du niveau général des prix, une résurgence de l'inflation a été observée au mois de juillet du fait notamment de la dégradation des finances publiques. A fin juillet, le taux d'inflation en projection annuelle se situait à 51,12%. Bien que se situant encore au delà de l'objectif, il traduit cependant une amélioration de la situation.
Opérations financières du secteur public
Comme indiqué ci-haut, les opérations financières du secteur public ont été exécutées dans un contexte marqué par la récession et la gestion des conséquences des conflits à l'est du pays. Plus précisément, le gouvernement a porté une attention particulière à la pacification, la sécurisation, la réhabilitation des infrastructures de l'Est et l'intégration des forces ex-rebelles. La récession a grevé la mobilisation des recettes alors que les opérations à l'Est ont exercé une forte pression sur les dépenses publiques.
Il faut néanmoins noter que l'amortissement de la dette extérieure joue un rôle non négligeable sur les finances publiques congolaises. Ainsi, la prise en compte du remboursement du principal de la dette amène à un solde non consolidé du Trésor négatif alors qu'il est positif lorsqu'on ne tient pas compte du remboursement.
Secteur extérieur
L'amortissement de la récession en République démocratique du Congo passe notamment par le commerce extérieur. On notera, par exemple, l'amélioration de l'indice des termes de l'échange qui passé de 41,34 en décembre dernier à 71,61 à fin juin 2009. Deux facteurs expliquent cette amélioration: la tendance haussière des cours des produits miniers et le recul du prix des produits alimentaires qui constituent la plus grosse part des importations de la RDC.
En outre, la balance commerciale, qui a connu un déficit de - 128,6 millions de dollars en janvier, après un déficit record de - 233,11 millions de dollars en décembre 2008, a amorcé une nette amélioration pour se situer à -31,30 millions en juin 2009. L'explication majeure se trouve dans la tendance haussière des exportations depuis janvier 2009, en passant de 300,6 à 386,1 millions de dollars en juin 2009.
3.2 Evolution et perspectives de moyen terme
3.2.1 Evolution au cours des dernières années
Si l'analyse conjoncturelle ci-dessus est éclairante pour tout agent économique intéressé par le Congo, un monitoring de l'évolution structurelle de l'économie congolaise est probablement plus instructif car elle corrige l'information chiffrée de la perturbation conjoncturelle, rendant ainsi les prévisions plus rationnelles dans une perspective dynamique. La réponse à la question de savoir, où va économiquement la RDC, trouvera alors une réponse plus objective.
Le gouvernement a mis en œuvre depuis 2001, un solide programme de réformes économiques de grande ampleur qui a abouti à la stabilisation du cadre macroéconomique (croissance, inflation, finances publiques etc.).
La croissance
On appréhende mieux la dynamique de relance économique dans laquelle se trouve
Taux d'inflation
Il y a bel et bien un assainissement relatif de l'économie congolaise en termes de l'inflation. Même si les tensions inflationnistes se manifestent, on note cependant une amélioration structurelle des performances.
Grâce à une meilleure gestion des finances publiques,
Les finances publiques
La maîtrise du déficit budgétaire reste un des secteurs où les progrès doivent impérativement être enregistrés dans le court terme. Il faudrait néanmoins rappeler que des contraintes liées à la situation post-conflit pèsent encore. Mais, on peut surtout constater que le niveau des déficits publics en termes de pourcentage du PIB est structurellement bas par rapport aux années précédentes.
Tableau 1: Evolution du solde budgétaire consolidé dons inclus
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1997 |
-1998- |
1999- |
2000 |
-2001- |
2002 |
-2003 |
-2004 |
-2005- |
2006 |
-2007- |
2008 |
|
-5.8 |
-6.4 |
-5.0 |
6.0 |
-1.7 |
-2.0 |
-3.9 |
-4.1 |
-3.0 |
-0,7 |
-0,6 |
-0,4 |
Investissements en % du Produit Intérieur Brut
Un indicateur important montrant le dynamisme structurel de l'économie congolaise est bien entendu la part des investissements dans le PIB. On note une augmentation croissante des investissements. Le caractère structurel de cette évolution est de nature à rassurer quant à la durabilité de la croissance en RDC.
Tableau 2 : Investissements en pourcentage du PIB
|
2006 |
2007 |
2008 |
|
13,3 |
18,3 |
20,4 |
2.2 Perspectives de Moyen terme
Les prévisions économiques à moyen terme militent pour une croissance encore soutenue et une amélioration du cadre macroéconomique après une période d'absorption du choc de la crise internationale.
Tableau 3: Les dernières prévisions sur l'évolution de l'économie congolaise
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|
2009 |
2010 |
2011 |
2012 |
|
PIB réel (variation en %) |
2 ,7 |
5,5 |
7,5 |
7,1 |
|
Taux d’inflation (fin de période) |
31,2 |
15 |
12 |
9 |
|
Exportations en $ (variation en %) |
54,5 |
14,8 |
24,8 |
17,9 |
|
Investissements en % du PIB |
24,9 |
31,7 |
35,4 |
32,2 |
|
Déficit budgétaire en % du PIB |
-4,4 |
-9,5 |
-7,5 |
-5,2 |
4. RÉFORMES STRUCTURELLES ET LEUR IMPACT SUR LE CLIMAT DES AFFAIRES
4.1 Quelques réformes
Le gouvernement de la RDC fournit des efforts pour améliorer le climat des affaires. Depuis 2001, Il a mis en œuvre un solide programme de réformes économiques, établissant notamment de nouveaux codes dans le domaine des investissements, du travail, des mines et de la foresterie dans le but d’instaurer plus de transparence dans ces secteurs, et les rendre mieux à même d’attirer les investisseurs étrangers.
La nouvelle constitution de la RDC promulguée le 18 février 2006, garantit la liberté d’entreprise à tous et érige le droit de propriété en principe sacré.
Le nouveau code des investissements instaure l’égalité de traitement entre les investisseurs nationaux et étrangers tout en simplifiant la procédure d’agrément qui aboutit à l’octroi des privilèges douaniers et fiscaux. Il exclut la nationalisation et l’expropriation et garantit la liberté de transfert des revenus à l’étranger.
Le nouveau code douanier a le mérite d’intégrer les principes définis par les conventions et les recommandations de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD), principalement par la Convention de Kyoto, l’Accord de l’OMC sur l’évaluation en douane, les engagements internationaux auxquels la RDC a souscrit notamment dans le cadre sous-régional (COMESA, SADC), ainsi que les différentes législations et réglementations nationales avancées.
Le nouveau code du travail a été élaboré afin de suivre l’évolution économique et sociale du pays et également pour se conformer aux normes du travail d’application au niveau international. Ce code se veut un instrument capable d’apporter la paix sociale, grâce à l’affermissement des relations professionnelles, au rétablissement des droits fondamentaux du travailleur et de l’entrepreneur que sont le droit du travail et la liberté d’entreprendre.
Le nouveau code minier a l’avantage d’être plus incitatif en termes des procédures d’octroi des droits miniers ou de carrières, qui sont désormais plus objectives, rapides et transparentes.
Un nouveau code forestier vise à favoriser la participation active de toutes les parties prenantes du secteur forestier (le secteur public, les populations, le secteur privé,….) à la gestion des forêts de manière à en tirer un bénéfice; et à permettre à l’Administration forestière de contribuer substantiellement au développement national.
Un contrat de gouvernance : en février 2007, le gouvernement congolais s’est engagé à faire une réforme du secteur de sécurité, de renforcer le système judiciaire, à améliorer la gouvernance économique et à lutter contre la corruption.
Source: "Renouer avec la République Démocratique du Congo: Nouveau visage du pays et nouvelles possibilités économiques" par Henri Mova Sakanyi, le 4 septembre 2009.